Lutte contre le racisme et l'antisémitisme

Mis à jour le 30 juillet 2021


Le racisme et l'antisémitisme se traduisent par des propos, des comportements ou des violences à l'égard des personnes en raison de leur origine, de leur religion ou encore en raison de leur apparence physique.
Lutte contre le racisme et l'antisémitisme
Plusieurs études ont récemment montré une augmentation inquiétante du racisme et de l'antisémitisme en France. Selon le ministère de l'intérieur, on a assisté en 2018 à une augmentation de 74% des actes antisémites dans notre pays. En parallèle, un tiers des français dit avoir été victime de comportements racistes au cours des cinq dernières années, et la Commission nationale consultative des droits de l'Homme pointait dans son rapport de 2018 une baisse de la tolérance sociale envers les Noirs et les Roms.

En 2018, la ville de Bordeaux a adhéré à la Coalition européenne des villes contre le racisme (ECCAR). Elle entend poursuivre son engagement en 2021 et accueillera notamment l'assemblée générale d'ECCAR.

Travail partenarial

La ville de Bordeaux a mis en place en 2018 une commission de lutte contre le racisme et l'antisémitisme composée d'associations, universitaires et partenaires institutionnels. Cette commission a été fusionnée en 2020 avec la commission "Mémoire".

Afin de poursuivre et amplifier les projets initiés, des groupes de travail ont été mis en place en 2020 afin de doter la Ville d'une feuille de route en matière de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Ces actions s'intègreront dans un plan plus ambitieux encore de lutte contre toutes les formes de discriminations.

Le travail avec les partenaires associatifs et institutionnels a permis de dégager plusieurs pistes d'actions :
  • Plaques de rue : poursuite du travail de pose de plaques biographiques de personnalités en lien avec l'esclavage et la traite négrière (5 plaques ont été posées en 2020 : memoire-esclavage-bordeaux.fr
  • Immigration : projet de parcours mémoriels autour des immigrations en lien avec le fleuve
  • Déployer de nouveaux espaces d'histoire et de mémoire à Bordeaux pour mieux saisir le passé et les phénomènes racistes et antisémites qui en ont découlé.

Les actions

Nous, différents ?
Nous, différents ?

Face aux phénomènes de haine et de rejet, sensibiliser le grand public est un enjeu majeur. Dans le cadre d'un partenariat avec l'UNESCO, une campagne d'affichage a été créée et diffusée lors de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, le 21 mars 2019. Ce type d'action est appelé à se renouveler dans le cadre de la stratégie 2021-2026 de lutte contre les discriminations.
Mémoire de la SHOAH ¿ Stolpersteine
Mémoire de la SHOAH – Stolpersteine

Des pavés de béton recouverts d'une plaque de laiton honorent la mémoire des victimes du nazisme.
En 2017, à partir d'un projet lancé par l'Université Bordeaux-Montaigne, huit "pavé de la mémoire", dit Stolpersteine (pierre d'achoppement) ont été posés à Bordeaux devant les derniers lieux de vie de victimes du nazisme. Sept nouveaux pavés de la mémoire posés fin 2022, lancent une dynamique mémorielle portée par la Ville autour de la Shoah en mémoire des victimes juives et résistantes. A minima, ce sont 295 familles dont 85 enfants qui ont été déportés de Bordeaux vers les camps de concentration et d'extermination.
Bordeaux, avec la ville de Bègles, sont les premières grandes villes de France à s'être engagées dans ce projet à la mémoire de victimes juives et résistantes. 

Créées par l'artiste berlinois Gunter Demnig en 1993, chaque pierre rappelle la mémoire d'une personne déportée dans un camp de concentration ou d'extermination en raison de son identité ethnique, son appartenance religieuse ou son orientation sexuelle. Les pavés sont incrustés dans le sol devant le dernier domicile connu des victimes identifiées. Les premiers Stolpersteine ont été posés en 1995 en Allemagne. Depuis, ce sont plus de 70 000 pierres qui l'ont été dans toute l'Europe.

A Bordeaux, vous pouvez retrouver les Stolpersteine :
  • sur le parvis des Droits de l'Homme, face au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, à la mémoire de trois résistants autrichiens : Alfred Loner, Alfred G. Ochshorn, et Fritz Weiss, arrêtés et déportés en 1943 depuis Bordeaux.
  • 4 place Saint Pierre, à la mémoire de la famille Baumgart, Abraham, Bernard, Chana, Roland et Léon Henri, déportés et assassinés à Auschwitz en 1942.
  • 199 rue Achard, en mémoire du Docteur Sabatino Schinazi aussi appelé le médecin des pauvres, déporté à Auschwitz puis à Dachau où il décèdera, personnalité évoquée lors du procès Papon (posé le jeudi 29 septembre 2022).
  • 5 rue Louis Mie, en mémoire de Berthe et André Murrate (posé le jeudi 20 octobre 2022).
  • 13 impasse Forestier, en mémoire de Ginette et Marcelle Borruel (posé le jeudi 20 octobre 2022).
  • 48 rue Ausone, en mémoire de Martin et Berthe Katz (posé le mardi 22 novembre 2022).