La Nuit de la solidarité

Publié le 14 novembre 2022
Mis à jour le 27 janvier 2023


Après avoir organisé la première édition de la Nuit de la Solidarité le 20 janvier 2022, la ville de Bordeaux reconduit l'opération, jeudi 26 janvier 2023 à partir de 20h, jusqu'à minuit.
La Nuit de la solidarité à Bordeaux

Retour sur la 2e Nuit de la solidarité, jeudi 26 janvier

Au lendemain de la 2e édition de la Nuit de la Solidarité, la Ville de Bordeaux dévoile les premiers résultats. Dans la soirée du 26 janvier 2023, 554 personnes étaient à la rue, en campement, en bidonville, dans les parkings, urgences hospitalières, transports en commun ou à la gare Saint-Jean.

La mobilisation de 320 bénévoles et de 180 agents de la Ville, de la Métropole et du CCAS ont permis le bon déroulement de la deuxième édition bordelaise de la Nuit de la Solidarité.

Entre 2022 et 2023, plusieurs évolutions importantes ont été apportées au dispositif mis en oeuvre :
  • Le comité scientifique de la démarche a été renforcé, avec les compétences de l'A'Urba, de la Fondation Abbé Pierre et du centre Emile Durkheim de l'Université.
  • L'opération a été travaillée avec de nombreux partenaires institutionnels et associatifs, présents au comité de pilotage et aux côtés des bénévoles dans les équipes de recensement.
  • L'expertise d'usage de personnes ayant connu le sans-abrisme, des "pratiquantes de la rue" a permis d'ajuster la méthodologie, le questionnaire et d'accompagner la sensibilisation des bénévoles avant le début des opérations.
  • Les lieux de recensement ont été étendus : rues, campements, bidonvilles, les parkings, urgences hospitalières, transports en commun ou à la gare Saint-Jean.
     
Le comité scientifique de la Nuit de la Solidarité a consolidé les chiffres suivants :
  • 213 personnes ont été recensées dans les différents secteurs de la ville, dans les rues, les parkings, urgences hospitalières, transports en commun ou à la gare Saint-Jean.
  • 273 personnes dont 128 enfants (mineurs en famille) ont été recensées dans les bidonvilles.
  • 68 personnes se trouvaient dans 2 campements bordelais non recensés par les équipes (données issues de la plateforme de résorption des squats et bidonville de la DIHAL).

Ce sont donc 554 personnes nécessitant une mise à l'abri.
Cette réalité alerte quant à l'amplitude de la crise sociale actuelle, dans un contexte où pourtant, un nombre important de places d'hébergement d'urgence hivernales ont été ouvertes par l'Etat et alors que les familles avec enfants sont systématiquement mises à l'abri depuis la circulaire ministérielle de novembre 2022.

Cette réalité du sans-abrisme vient s'ajouter à celle des 182 personnes actuellement en squat à Bordeaux (données issues de la plateforme de résorption des squats et bidonville de la DIHAL). Ce sont autant de personnes dont l'accès ou le maintien dans des conditions de vie dignes et sécurisantes n'est pas garanti.

Le comité scientifique de la Nuit de la Solidarité procèdera à l'analyse détaillée de l'ensemble des questionnaires au cours du premier semestre. La restitution en sera prévue avant l'été.
Des actions visant à accompagner les personnes sans-abri, à améliorer leurs conditions de vie et contribuant à la résorption du sans-abrisme sont d'ores et déjà à l'oeuvre sur le territoire, qu'elles soient conduites par la Ville ou le CCAS de Bordeaux ou par ses partenaires engagés dans la démarche Bordeaux Terre de Solidarité :
  • Mise à disposition du parc immobilier municipal vacant pour l'hébergement de près de 130 personnes,
  • Ouverture de la halte de jour du CCAS,
  • Mise en place de douches dans l'espace public,
  • Sécurisation de l'alimentation des plus vulnérables.
     
Pourquoi recenser ?
Le Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de Bordeaux est un Observatoire social. Afin de remplir cette mission d'observation, il doit se doter de différents moyens d'études de sujets sociétaux, dans le cadre de l'action sociale qui lui est dévolue. Aussi, l'opération de la Nuit de la solidarité est un outil au service de l'analyse continue et partagée de la situation du sans-abrisme à Bordeaux.
Recenser de manière anonyme les personnes sans-abri permet, d'une part, d'en connaître leur nombre à un moment donné et, d'autre part, de recueillir des éléments qualitatifs afin de mieux comprendre les parcours, les profils et les besoins des personnes rencontrées.

Pourquoi reconduire l'opération ?
Inscrire cette démarche dans le temps participe à affiner les données, produire une analyse comparée et permet également de mieux appréhender certains éléments saillants de l'édition précédente.
Reconduire l'opération c'est ainsi bénéficier de données actualisées et enrichies. Ces données sont mobilisées pour engager un dialogue avec les partenaires concernés.

La Nuit de la solidarité, une démarche nationale
Cet évènement est inspiré d'opérations similaires à l'étranger (New-York, Athènes, Bruxelles) et initié au niveau national par la ville de Paris depuis 2018. En 2022, en France, plus d'une vingtaine de collectivités volontaires, dont Bordeaux, ont participé à la Nuit de la Solidarité. Si cette observation à l'échelle d'un territoire est essentielle, contribuer à une analyse nationale est également indispensable afin de participer à rendre visible la situation du sans-abrisme dans son ensemble et construire des politiques publiques nationales adaptées.

Nuit de la Solidarité, 1ère édition 20 janvier 2022

Les résultats détaillés de la première édition

La mobilisation de 450 bénévoles et de 165 agents de la Ville, de la Métropole et du CCAS ont permis le bon déroulement de la première édition bordelaise de la Nuit de la Solidarité.
Grâce à cette mobilisation sans précédent, 561 personnes ont été recensées dans les rues et les campements de la ville. Ces personnes viennent s'ajouter aux 297 hommes, femmes et enfants actuellement à l'abri dans des squats, dont le recensement a été effectué par les services municipaux et métropolitains en parallèle de la Nuit de la Solidarité. Ce sont ainsi au moins 858 personnes qui nécessitent une mise à l'abri urgente à Bordeaux.

En France, si le droit au logement opposable n'est accessible qu'aux personnes régulièrement présentes sur le territoire, l'hébergement d'urgence est quant à lui un droit fondamental et inconditionnel.
La ville de Bordeaux et son CCAS sont pleinement mobilisés pour y contribuer : par l'hébergement de 43 familles (près de 100 personnes) au sein du patrimoine municipal, et par l'ouverture de structures dédiées à l'accueil des sans-abris, comme l'hiver dernier à Gouffrand, cet hiver aux Chartrons, avec la Fondation Abbé Pierre et Aquitanis, et dans les semaines qui viennent avec la création d'hébergements modulaires.

La Ville poursuit également son travail pour faciliter l'accès de toutes et tous à l'hygiène, avec l'installation de douches publiques, à la santé, avec une mutuelle solidaire, à la nourriture, avec une augmentation de 90 000€ du budget dédié à l'aide alimentaire.