Groupe Bordeaux en luttes - Septembre/octobre 2021

Pour nos droits, pour nos conditions de vie... faudra bien s'occuper de nos affaires et construire les mobilisations sociales

C'est la rentrée et pas de suspens, la situation se présente mal. Entre l'épidémie du Covid 19 qui semble loin d'être terminée, les crises économique, sociale et écologique qui s'approfondissent toutes, ça devient très difficile et très inquiétant pour la plupart des gens.

Bon c'est vrai, les riches sont toujours plus riches, les fortunes des capitalistes continuent de croître comme si tout allait bien. Mais de de l'autre côté de la barrière, dans un autre camp social, c'est le contraire, avec la précarité, la pauvreté ou encore l'exclusion, les souffrances sociales qui touchent une partie toujours plus importante de la population.

Pas de fatalité, il s'agit juste des effets d'un système politique et économique particulièrement injuste, aberrant et même complètement dingue, d'une société où les possédants cumulent richesses et pouvoirs contre les autres, celles et ceux d'en bas, qui trinquent, qui payent les folies du système.

Face à autant de dégâts et d'injustices sociales, de violences et d'indignité, la seule façon de changer les choses, ce sont les mouvements de colère, les révoltes, les luttes des habitantes dans les quartiers, des salarié-es dans les entreprises, des jeunes dans les lycées et les facs...

Une seule solution, exprimons nos colères, prenons nos affaires en mains, faisons de la politique directement, comptons sur nous-mêmes. Pour nos emplois, nos logements, pour notre santé, notre éducation, pour nos cultures, pour l'égalité des droits pour toutes et tous, qui peut s'en charger mieux que nous, qui sommes les premières et premiers concerné-es.

C'est ce que nous voyons à Bordeaux depuis l'arrivée de la "gauche" à la mairie. Après les vagues promesses lancées durant la campagne, c'est le réalisme froid du pouvoir : pas de réquisition de bâtiments vacants pour loger les sans-abris, pire même avec les expulsions de squats qui continuent ; les projets inutiles comme "la rue bordelaise" qui sont maintenus ; l'absence d'une politique d'embauche massive pour répondre aux urgences sociales, dans les écoles, les centres sociaux et d'animation... ; pas de mise en place de services publics du logement, du transport collectif ou encore d'un service de santé publique de proximité,
dans les quartiers populaires notamment, pour faire face à la crise sanitaire, en soignant, en soulageant les populations les plus fragiles...

Sur toutes ces questions sociales urgentes, la mairie comme les autres collectivités territoriales nous disent qu'elles ne peuvent pas tout changer, qu'elles ne peuvent pas rompre avec les logiques politiques anciennes, qu'il y a des lois qui empêchent de faire ce qui serait nécessaire, qu'il faut être réalistes et patients.

Limites réelles, manque de volonté, absence de préoccupation ? Sans doute un peu de tout cela. Quoiqu'il en soit, les besoins, les difficultés, les drames sont là. Alors le problème est bien d'y répondre maintenant et surtout pas de se débiner ou de trouver des excuses pour ne pas faire.

Et pour changer la donne, pour imposer une politique qui traite les urgences sociales, pour trouver et mettre en place les moyens financiers et humains nécessaires, il nous faut bousculer ces pouvoirs locaux qui ne veulent rien bousculer, il nous faut mettre la pression. Cela passera forcément par des mobilisations fortes, larges, contagieuses, par des populations qui défendent leurs droits au quotidien. Maintenant.